Rapport Garcia de la Fifa : Le nom d’un Africain y figure en bonne place

Rapport Garcia de la Fifa : Le nom d’un Africain y figure en bonne place

Amadou Diallo, né en Guinée mais installé à Paris, présenté par plusieurs médias comme un homme d’affaires, a droit à trois pages entières dans le rapport (p. 189 à 192) sur les 127 consacrées au Qatar.

Amadou Diallo, né en Guinée mais installé à Paris, présenté par plusieurs médias comme un homme d’affaires, a droit à trois pages entières dans le rapport (p. 189 à 192) sur les 127 consacrées au Qatar. Il était à l’époque l’un des conseillers de Mohammed Bin Hammam, alors président de la Confédération asiatique de football (AFC) de 2002 à 2011 et membre du Comité exécutif de la Fifa.

Entre 2001 et 2007, Diallo a collaboré avec le bureau Goal, avec comme mission d’assurer le suivi des projets concernant l’Afrique. « Il connaît beaucoup de monde sur le continent. Comme Bin Hammam voulait que le Qatar organise la Coupe du monde, celui-ci avait besoin des voix des Africains », explique un proche de la Fifa. Dans le livre L’homme qui acheta une Coupe du monde, le complot qatari (The Ugly game), écrit en 2015 par les journalistes anglais Jonathan Calvert et Heidi Blake, Diallo est décrit comme un collaborateur free-lance du bureau Goal.

Le rapport Garcia relève d’abord qu’Amadou Diallo n’était pas lié officiellement à la candidature du Qatar, mais « qu’il y était favorable », selon Hassan Al-Thawadi, le président du comité d’organisation de Qatar 2022, interrogé par la Chambre d’investigation chargée de l’enquête. Ce dernier ajoute que le Guinéen donnait des informations sur la candidature de l’émirat à des personnalités du football. Le rapport ajoute que Qatar 2022 a demandé à M. Diallo des informations sur son compte bancaire, fournies par l’intéressé, mais Al-Thawadi a affirmé ne plus se souvenir si des versements avaient été effectués. L’étude de courriers électronique montre également que l’ancien bras droit de Bin Hammam « a fourni à Qatar 2022 des informations que l’entité avait l’intention d’utiliser pour influencer de manière inappropriée des membres du Comité exécutif » de la Fifa.

Amadou Diallo a, selon Garcia, « écrit à l’assistante de Bin Hammam, Justine Olfield », afin que deux amis de Michel Platini (à l’époque président de l’UEFA et membre du Comité exécutif de la Fifa), que sont Louis Nicollin (président du club de Montpellier) et Gaël Levergie, un restaurateur parisien, soient invités par le Qatari au Forum de l’investissement organisé à Paris en 2010. Des échanges de mails ont bien eu lieu, qui ne prouvent pas toutefois que les deux hommes aient été invités en grande pompe à ce salon par des personnes liées à Qatar 2022. D’autres échanges révèlent enfin que Diallo a envoyé à Qatar 2022 un courriel annonçant la signature d’un partenariat entre Setaci, concessionnaire du constructeur automobile sud-coréen KIA, et la Fédération ivoirienne de football (FIF), alors présidée par Jacques Anouma, membre du Comité exécutif de la Fifa.

Au final, le rapport Garcia admet que si le Guinéen « n’a reçu aucune compensation, son appartenance à l’équipe de candidature était évident (…) et qu’il n’y a pas de transparence dans sa relation avec l’équipe de candidature. » Selon une source, « Amadou Diallo ne risque pas grand-chose après la publication de ce rapport, même si ce n’est pas très bon pour son image. »

Source : jeuneafrique